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Historique de l'association

«Bordeaux, qui par sa situation, sa richesse, sa population et l'esprit naturel de ses habitants semble appeler dans son sein les sciences et les arts, fut la première ville qui imita l'exemple de la capitale. C'est ainsi que furent posés en 1783 les premiers fondements d'une association regroupant toutes les sciences encouragées par les gens de lettres, les artistes et les amateurs, semblable à celle de Paris (A.M. Bx D7/26), de même que la création du musée de Bordeaux qui imite celui de Paris et devient même son associé (A.M. Bx C 6/22)».

Pierre-Emile Bernède. Le doyenné de Saint-André (détail). Société archéologique de Bordeaux.Ces institutions regroupées autour du musée et créées sur l'initiative de l'abbé Dupont des Jumeaux, prieur d'Eymet en Périgord, venu à Bordeaux en 1781 et fondateur du Journal de Guienne, premier quotidien bordelais et l'un des premiers de France, avaient pour but d'instruire et de regrouper tous les Bordelais qui, n'ayant entrée ni à l'Académie, ni au barreau, voulaient jouer un autre rôle que celui de spectateur des évènements attendus ou escomptés.

Nicolas Dupré de Saint-Maur

Alors Intendant de Guyenne, poste qu'il occupa de juin 1776 à 1785, est nommé à la tête de cette institution.

Placée sous le haut patronage de la Reine, l'institution prend une allure officielle en organisant des cours populaires qui ont lieu les jours de fêtes pour rester accessibles aux citoyens. L'Intendant crée des cours de géographie, de physique instrumentale, mais, très attaché aux arts, il adresse pour la première fois des convocations pour qu'artistes et amateurs, placés sur un pied d'égalité, examinent librement les problèmes artistiques.

Les membres de cette nouvelle société savante peuvent alors se réunir dans la salle de concert de l'Intendance, convoquant non point une foule très nombreuse, mais des hommes et des femmes partageant le goût des arts, comme Gensonné, le futur conventionnel girondin, MM. de Lisleferme, avocat au Parlement et président du musée, Laffon de Ladebat, également des artistes, des instituteurs, des pasteurs.

Selon son président, cette création permettra de contribuer à «éveiller dans cette grande ville le goût des sciences et des lettres, à exciter l'émulation des artistes, à découvrir et faire élire des germes de talents, à restituer aux mœurs leur antique pureté, enfin à occuper la jeunesse».

Ayant formé plusieurs comités, celui de musique notamment, le Président crée un comité de peinture, non pas pour réaliser des projets d'exposition, mais pour organiser des conférences et des cours, à l'exemple de Grainville, qui propose en 1786 une histoire de l'art du dessin des Etrusques et des Grecs d'après les Monumenti inediti de Winckelmann, qu'il a traduit. Combes propose une théorie du néo-classicisme et le programme de Lacour, plus étendu, ses conférences hautement remarquées sont du niveau de l'excellente critique d'art.

Dès lors à Bordeaux et à la veille de la Révolution, l'on sait voir, sentir, analyser les œuvres d'art.

La Révolution

Par le décret du 8 août 1793, toutes les académies vont disparaître, de même que cette prospère Institution qui sera remplacée « en 1793 par le Musée et le Cercle des Arts qui ne vécut pas ; en 1800 par le Muséum d'Instruction publique où on faisait des cours. Ce Muséum devait être à l'origine de l'utile et puissante Société Philomathique de Bordeaux »1.

La Société au XXIe siècle

Hendrick Ter Brugghen. Le joueur de luth. Musée des beaux-Arts Bordeaux

Après bien des années de variabilité l'actuelle Société des Amis des Musées est toujours attachée à ses illustres origines, dont elle est l'émanation.

Les amateurs d'art se sont employés à la survivance de l'antique Société en lui donnant le nom que nous lui connaissons aujourd'hui, Société des Amis des Musées de Bordeaux (A.M.BxC6/24). Dès lors la Société des Amis des Musées de Bordeaux prend un essor considérable, notamment sous la protection du Maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas. Ses membres, Jean-Paul Avisseau, P. du Pasquier, Nicole Schÿler, s'activèrent à la bonne exemplarité de cette société.

Aujourd'hui, grâce à sa nouvelle présidente, Marie-Claire Mansencal, et à ses nouveaux membres, l'association poursuit sa tâche culturelle définie comme utilitaire en organisant comme par le passé des conférences qui ont pour objectif la diffusion de l'histoire de l'art - source de bonheur et d'enrichissement personnel - et d'attirer à Bordeaux des historiens de grande réputation tout en aidant à l'enrichissement des collections des musées.