Actualité : Conférence du vendredi 16 décembre 2011
Annick Bruder, conservateur au musée d'Aquitaine, nous a invité, par sa conférence du 16 décembre 2011, à la découverte du Bordeaux médiéval. Le parcours, à partir de la place du Palais de l'Ombrière, s'axe sur le tracé du rempart romain mis en place entre le IIIe et le IVe siècle et détruit au cours du XIIIe, pour faire place à la nouvelle enceinte qui va protéger la ville tout au long de la guerre de Cent Ans.
On considère traditionnellement que le Moyen Age bordelais débute en 848, date du siège des Vikings qui détruisirent une grande partie des monuments de la ville, ce qui a rendu nécessaire une reconstruction et une recomposition du tissu urbain. S'ouvre, de cette manière, une époque qui trouve dans la figure d'Aliénor d'Aquitaine, l'une de ses plus importantes protagonistes, le symbole même d'une tension croissante entre les Capétiens et les Plantagenêts.
En 1137, la cathédrale Saint-André - d'un aspect très différent par rapport à celui d'aujourd'hui - est en effet témoin de ses noces avec Louis VII, qui accède, peu après la mort de son père, le roi Louis VI, au trône de France. La duchesse d'Aquitaine devient par conséquent reine, mais le nouveau titre n'efface pas les difficultés à l'intérieur du couple : la séparation est bientôt inévitable. C'est ainsi qu’en 1152 Aliénor d’Aquitaine va épouser Henri Plantagenêt peu de temps avant sa nomination au trône d'Angleterre.
Les vestiges de Bordeaux qui nous décrivent cette période historique sont beaucoup moins nombreux par rapport à ceux qui étaient conservés jusqu'au XIXe siècle, siècle au cours duquel le réaménagement de la ville voit la destruction d'une partie de ses monuments, comme le cloître de la cathédrale. Cependant, les oeuvres graphiques (dessins, peintures et gravures) de deux artistes tels que Léo Drouyn (1816-1896) et Auguste Bordes (1805-1868) nous permettent aujourd'hui d'apprécier un grand nombre de ces structures disparues.
Toutefois, la « Ville de pierre » n'est pas dépourvue de signes du Moyen Age. Bien au contraire. Une simple promenade peut nous faire comprendre que les constructions médiévales sont encore au cœur de Bordeaux. On pense par exemple aux vestiges de l'enceinte romaine (dont on peut voir une tour englobée dans un bâtiment moderne à deux pas du cours de l'Intendance), aux habitations « à la guise de France », à l’édifice civil de style gothique (impasse Rue Neuve) ou aux deux maisons à colombage dont l'une donne sur le cours Victor Hugo. Subsiste encore le clocher de la place Saint-Projet - témoin d'une église démolie - les chapiteaux romans de l’église Saint-André, dont les vestiges du porche datant du XIIe siècle ont été découverts en 2002, pour preuve l'armature constituant la Rosace du couvent des Grands Carmes conservée au musée d'Aquitaine.
Il ne faut pas non plus oublier le vin, patrimoine de notre région. Le XIIIe siècle représente en effet l'« âge d'or bordelais », époque à laquelle la renommée de notre territoire est reconnue aussi bien en en Angleterre qu’en Europe Occidentale grâce au commerce de ses produits viticoles.
De fait, Bordeaux ne manque pas d'exemples architecturaux et sculpturaux qui nous offrent la possibilité de découvrir son visage médiéval sur lequel s’est construit la ville de notre temps.
Raffaelli Gianmarco, étudiant en deuxième année de Licence d'histoire de l'art à l'université Bordeaux III